Molière l’intégrale et autres histoires. Enfin, surtout d’autres histoires parce que Molière, bon...

Autre histoire 3

lundi 2 janvier 2012, par Hugo Musella

Toutes les versions de cet article :

  • [français]
Une écriture pour un spectacle à nu. Un spectacle fait d’explorations et de surprises, dans lequel l’expérience scénique même, est source de récit. Un spectacle musical. Un concert de théâtre. Création en mars 2012. Prépublication des « histoires » dès maintenant. Dossier complet du spectacle sur le site de la Cie Voix Public

..........

A travers les écrans plasma des télés d’Occident

J’avais vu mille et une nuits

Blanches, des nuits noires, des nuits vertes, des nuits troubles, des nuits pixélisées, des nuits rayées par satellite, des nuits sponsorisées, des nuits mondiovisées, mais là,

Pour de bon,

J’y étais.

Les effets spéciaux étaient moins efficaces,

Moins flambants.

Les couleurs étaient ternes.

Les corps ne tombaient plus au ralenti.

Chacun ne mourait qu’une seule fois.

Ces mille et une nuits-là n’étaient pas contées par une jeune fille dévoilée

Mais par le sifflement répété des rafales de balles

Au rythme des canons chromés du roi Mickey.

L’Euphrate saignait du sang des génies de la lampe.

Le Tigre ne rugissait plus.

Ce n’était qu’un fleuve,

Il coulait.

Sinbad était à quai, son bateau torpillé.

Schéhérazade était belle allongée sur le sable.

Je crois… peut-être dormait-elle

Personne ne la veillait, elle qu’on avait tant surveillée.

La fumée des narguilés sentait la poudre brûlée, le fer chaud.

Les mille et une nuits de cette bataille,

Apprise avant l’aurore,

Avaient été bien récitées.

Je me suis souvenu du non de l’Occident

Et du oui de ses rois

Démocrates

Au bout de mille et une nuits d’un chant rouillé de larmes,

Le ciel n’avait plus de sirènes autres que les alarmes.

Bientôt mille et deux nuits.

Les regards étaient bas et tous les doigts pointaient

Les flocons saugrenus qui tombaient, incongrus,

Sur ces terres du sud.

J’y ai vu des géants tout en fer,

Les quarante voleurs armés de carquois de roquettes,

Des terres retroussées de manière indécente.

La ville des mille contes

N’était plus qu’une lune,

Un cookie,

Et ses cratères

Etaient au monde entier.

Fermez les yeux un court instant.

Ouvrez-les.

Votre maison, votre voiture,

Vos grands enfants et l’océan

Sont-ils encore ici ?

Oui

L’arbre qui a cent ans

Ces oiseaux au printemps,

Et dessus, le soleil

Sont-ils encore ici ?

Oui.

Ouvrez grand vos poumons

De géants, inspirez puis soufflez.

La vie est-elle ici ?

Oui ?

Vous avez de la chance

Nous avons de la chance.

Qui d’entre nous connaît

L’heure du thé à Bagdad ?

Dossier complet du spectacle sur le site de la Cie Voix Public

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette